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Valentini Rossetti, un peintre "médiocre" ? (translation available)

(Scroll down for English)

(1/2) Du nouveau !

Il m'est arrivé quelque chose d'assez incroyable cette semaine. Par un hasard qui fait bien les choses il se trouve que Clément Rosenzweig, antiquaire, et moi-même sommes connectés sur Linkedin, et qu'il a eu l’excellente idée de choisir parmi tous ses objets entreposés, de présenter au travers d'un article un tableau de Valentini-Rossetti par hasard dans sa galerie...! Oui oui, Valentini-Rossetti, le petit peintre italien et professeur de dessin méconnu en France que j'ai traqué deux ans pour mon mémoire au fin-fond de l'Italie et dans les tréfonds de la France Auvergnate, pour trouver jusqu'à 8 de ses tableaux et dessins, quand son seul biographe - Ferrari - disait dans les années 80 qu'il n'y avait aucune trace de ses créations !


Monsieur Rosenzweig a eu l'amabilité de m'en présenter deux sur un plateau d'argent. Une opportunité exceptionnelle, qui me permet d'en apprendre plus sur la technique et la personnalité de ce peintre, certes peu connu, suffisamment pour mériter de Charles Blanc une remarque sur sa médiocrité, mais tout de même à l'origine de l'école qui a lancé le courant pré-impressionniste italien et notamment les dissidents divisionnistes. J'ai pu recouper de nombreuses informations sur ses méthodes de travail avec les œuvres que je connaissais déjà, et, bien que je doute de restaurer un autre tableau de sa main, cela me permet d'améliorer mes connaissances des peintres d'un angle introspectif, surtout concernant cette technique peu courante de la peinture à l'huile sur papier.


...pour ceux qui doutaient encore de l'utilité de Linkedin !


Il s'agit de deux peintures à l'huile sur papier marouflée sur toile, tout comme le Portrait de Major (1826) restauré en 2016. Le portrait de gentilhomme est signé exactement de la même façon que toutes les œuvres signées par Valentini Rossetti, avec le "V" si caractéristique, et la mention "fecit" (l'a fait en) précédant la date. Le traitement des ombres semble caractéristique des œuvres de Valentini. Il y a cet effet de synthétisme un peu naïf qui accentue les traits et les formes. Par une géométrie idéaliste de certains détails, le nez devient aquilin, et le jabot est rapidement suggéré. Le portrait de femme à la lettre est très intéressant pour sa mise en scène. Il n'est pas signé, aussi nous n'avons pas de certitude qu'il s'agisse d'une œuvre de Valentini. Cependant, il a la même provenance et il exécuté sur papier marouflé sur toile, un choix peu commun et pourtant très apprécié de Valentini. Nous avons des doutes, car ce portrait est exécuté avec une plus grande maîtrise que tous les autres portraits connus de Valentini. Il n'est pas daté, aussi rien ne nous dit qu'il n'a pas été réalisé plus tardivement avec le gain d'expérience du peintre, mais le portrait de gentilhomme date de 1824. En pendant par rapport au portrait de gentilhomme, il pourrait s'agir du portrait de son épouse réalisé un peu plus tard. S'ils ont été réalisés conjointement, alors cela signifie sans doute que Valentini adapte la qualité au commanditaire et le prix qu'il est prêt à payer. Il s'agit là d'une théorie, qui paraît possible et pourtant l'écart technique entre les deux tableaux est assez grand...une belle découverte, mais le mystère reste entier. En vente au Stand 121, allée 2 Marché Paul Bert, aux puces de Clignancourt.


Erratum 2020 : la recherche a bien avancé depuis cette recherche, grâce à Monsieur Xavier Lochmman qui s'est pris de passion pour cette famille de peintres et réalise un travail de fond passionnant sur la question. Ses recherches permettent notamment de mieux distinguer les différents peintres de la famille Rossetti Valentini. De plus, et c'est drôle, j'ai pu restaurer un deuxième Rossetti Valentini grâce à cet article (le même que le major, mais pas le même que celui qui a peint les deux tableaux de cet article). Me contacter pour plus d'informations et pour authentifier votre R-V.




Valentini Rossetti (?), Elegante à la lettre, sans date/ © SégolèneGirardco.



Some news !

Something quite incredible happened this week. As luck would have it, Clément Rosenzweig, antiquarian, and myself are acquainted through Linkedin, and it appears that he chose to write an article, among all the antiques he owns, about a painting by no other than Valentini-Rossetti that he acquired somehow for his gallery...! Aye, Valentini-Rossetti, poor and plain italian painter and drawing professor, unknown especially to French academicians that I have hunted down for two years (Master thesis ruled) to the edges of Italy, in the depths and dumps of dull French countryside, to find as much (as little ?) as 8 of his artworks, when his only biography written in the 80's - by Ferrari - weeped over his inexistant heritage ! Mr Rosenzweig was kind enough to share not only one, but two paintings without even my lifting a finger.

A great opportunity, that sheds a new light on the personnality and technique of this painter, whom dispite being unknown, is responsible for bringing up the italian pre-impressionnists and the subbranch of dissident divisionnists. I was able to cross multiples informations regarding his working methods with works I already knew, and even if I am unsure of ever conserving another of his artwork, it gives me invaluable insights into painters habits, especially regarding this rare and misundertood use of oil painting on paper.

...anyone still doubting the use of Linkedin ? They are both oil paintings on paper laid on canvas, just like the Portrait d'un major (1826) conserved in 2016. The gentleman's portrait is signed in the same way with the recognizible "V", and "fecit" mention (was done in the year) preceding the datation. The shadows is the similar to other artworks by Valentini. It has this effect of naive synthesis that hardens shapes and lines, it is somehow idealistic with geometric aspects in it, the nose, aquiline, and the shirt puffing in one stroke.

The portrait of a lady holding a letter catches the interest with an attachment to details and scenography. It is not signed, therefore it is hard to tell if it is from Valentini as well. However, the provenance is the same, and the choice of an oil painting on paper lined on canvas is rare, but a constant in Valentini's work. We are unsure, because it is more delicate than all of Valentini's portraits (1818-1832). As a pendant to the gentleman's portrait, it could be his spouse, made later. Without a datation, maybe it was done later than the Portrait of a gentleman (1824) while the painter gained experience. If they were made together or if it was an early work, then it means that attention depended on money. This is a theory, but the difference between both paintings remains important... A lovely discovery, but still a mystery to solve. Can be purchased Stand 121, allée 2 Marché Paul Bert, at Clignancourt flea market.


Valentini Rossetti, Portrait d'un Gentilhomme, 1824 / © SégolèneGirardco.



@loperatorium

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